Papier toilette réutilisable

Parlons peu, parlons popo.

Sujet essentiel s’il en est, ou pas… le papier toilette est devenu lors du confinement l’une des denrées les plus rares et essentielles de nos société occidentales.
Qu’on puisse être confrontés à des pénuries alimentaires, c’était quasiment admis pour moi inconsciemment, (mon coté collapso s’y prépare psychologiquement depuis quelques années, de façon vaguement défaitiste je dois bien l’admettre ), mais une pénurie de PQ… j’avoue j’étais pas prête.

Les premières semaines, j’avais un petit stock à coté du trône, du coup je ne me suis pas trop posée de questions et je riais doucement devant les mêmes qui fleurissaient sur la toile comme autant de petites fleurs sur-imprimées sur les-dites feuilles tant convoitées.

Et puis de façon assez triviale, j’ai finie par être confrontée à cet impératif, le temps de la dernière feuille était venu... j’allais devoir partir en quête du Graal.

Je dois être honnête, depuis ma transition vers le zéro déchet, passez moi l’expression, mais acheter du pq me fait bien chier.
Même recyclé, « vert », labélisé éco-cert… quasiment tous sont vendu dans un petit film plastique bien pourri et trop fin pour être recyclé… et franchement, j’ai vraiment l’impression d’être une grosse victime de l’industrie chaque fois que je dois en acheter.

Alors, à mes heures perdues, je me suis lancée dans une recherche ô combien importante et j’ai demandé à Google quel était l’impact écologique du papier toilette… recherche édifiante.

De ces recherches j’ai tiré quelques chiffres assez flippants…

Selon le Planetoscope, un Européen consomme 13 kilos de papier toilette par an, soit une moyenne d’environ 120 rouleaux.
Rapporté à l’échelle européenne, cela représente 5,5 millions de tonnes de fibre de papier-toilette consommés chaque année soit 22 milliards de rouleaux !
Si on prends en compte le fait qu’en Europe seulement 40% du papier toilette est issu du recyclage et qu’au Etats-unis ce chiffre tombe à 2%.
Ainsi c’est 3,2 arbres qui sont abattus chaque seconde dans le monde pour fabriquer du papier toilette.
Soit 27000 arbres par jour et près de 99 millions d’arbres par an.

Avec un marché européen estimé à 8,5 milliards annuels, le secteur du papier hygiénique est en augmentation de 10% par an.

Victime de l’industrie je te dis… car avec une telle croissance en perspective, les marques rivalisent d’imagination pour proposer des rouleaux de toutes sorte, les molletonnés, les ultra-moelleux, les ultra-confort, les parfumés, les multi-épaisseurs, les funs ou encore les imbibés… Ouai… Parles à mon cul…

Bref, ces papiers aux promesses alléchante pour votre popotin ont un coût pour votre porte monnaie, mais leur coût environnemental est lui aussi extrêmement élevé puisque la plupart sont issus de productions de bois vierge.

Dès 2017, Greenpeace publiait un rapport d’impact sur la déforestation et la destruction des forets boréales du Grand Nord (Suède, Finlande, Russie) mettant en lumière l’implication d’Essity (le plus grand fabricant européen de mouchoirs et de papier hygiénique qui fourni entre autres Lotus… ).

«Fabriquer du papier hygiénique en bois vierge est bien pire que de conduire un Hummers, en termes de pollution et de réchauffement climatique»

Allen Hershkowitz, Natural Resources Defence Council.

Une comparaison choc, mais qui a le mérite d’être parlante.

Cet impact environnemental est sans compter sur les emballages en plastique, les parfums et colorants chimiques… Ce qui les rend aussi moins biodégradables.

Enfin, la production d’un rouleau nécessite des ressources énormes.
En papier (et donc en arbres), mais aussi en eau : pour fabriquer un seul rouleau, 140 litres d’eau sont nécessaires.

Là je propose une petite pause calcul mental…

Si tu utilises 120 rouleaux de papier toilette par an qui nécessitent pour être produits 140 litres chacun, et qu’en moyenne chaque personne tire la chasse d’eau 3 fois par jour à raison de 6 litres d’eau par chasse : par an, combien de litres d’eau sont nécessaires à la propreté de ton cucul? Vous avez une heure…

23 370 litres, soit 2597 pack d’eau potable… ou l’équivalent d’une chambre de 12m2 remplie du sol au plafond… par personne et par an…

Enfin il faut ajouter au bilan environnemental l’énergie et les émissions dues au transport et au stockage.

Bref, vous l’avez compris, j’ai pris une claque et j’ai décidé de réduire mon impact pipi, à ma mesure et sans me mettre la pression puisque quoi je je fasse ce sera déjà mieux que rien. Parce que franchement, chier dans l’eau potable, ça va deux minutes mais quand on se dit que l’eau est probablement le plus grand défi des décennies à venir… bah c’est moyen, enfin en tout cas perso je le vis pas très bien, et encore, j’ai pas prévu de laisser ce merdier à une descendance…

Je suis citadine, du coup exit les toilettes sèches même si le principe est un des plus sain selon moi (ça se composte, ça enrichit la terre… bref on aime).
Pas de bidet non plus dans mon appartement (mais franchement ça pourrait devenir un critère de choix à l’avenir) et pas non plus la possibilité d’installer une douchette et je me voyais mal ajouter encore plus d’eau à tout ça… ça débordes déjà!

Du coup j’ai mis en places plusieurs actions que je vais vous lister et là on va faire dans la subtilité et on va éviter les blagues pipi-caca-prout, c’est un sujet sérieux, enfin, on va faire ce qu’on peut…

  • Action #1 : pipi du matin, dans la douche.
    Je suis sure qu’on est déjà pleins à faire pipi dans la douche le matin…
  • Action #2 : la chasse pour le pipi de minuit, c’est fini.
    Au pire, tu baisses la lunette et tu évacue tout ça au prochain…
  • Action #3 : le papier toilette réutilisable pour les petits pipis (même si je conserve du papier classique pour les gros popos, les copains – parce que je suis pas un tyran – et les jours ou mon corps de femme n’est d’accord avec rien).

Les deux premières étaient franchement pas si compliqué à mettre en place, la dernière m’as pris du temps.
Parce qu’honnêtement je me suis posée 1000 questions du genre « oui mais est-ce que c’est mieux écologiquement parce qu’il faut les laver en machine? » ou « Oui mais si ça sent? » en passant par « Mais est-ce que c’est pas un peu extrême? », bref, autant de freins que j’ai du lever pour me sentir à l’aise avec mon choix et être capable d’en parler sans honte.

Une des façons pour moi de m’approprier mes choix dans ma démarche zéro déchet, et ce depuis le début, c’est de chercher des solutions personnelles aux problèmes que j’identifie, et de faire par moi même au maximum afin d’avoir la satisfaction qui accompagne la réussite d’un projet.

J’ai donc choisi de fabriquer mon propre papier toilette et de vous raconter comment faire si vous choisissez de vous lancer dans l’aventure!

Fabriquer son papier réutilisable en 3 étapes :
Temps de fabrication : variable selon votre rapidité ( perso c’était plus de l’ordre de 4h que de 20 minutes, tirez en vos conclusions, héhé )

Matériel nécessaire :

  • 1 serviette éponge en coton bio foncée (pour éviter les tâches)
  • 1 coupon de coton bio à motif
  • 1 machine à coudre
  • 1 paire de ciseau de couture
  • 1 paire de ciseau crantés
  • 1 boite d’épingles
  • 1 bobine de fil

Comme la couture c’est ok mais c’est pas ma passion, j’ai utilisé deux techniques issues de ma Grande Bible de la Flemme : les ciseaux crantés ( = le tissus ne se défile pas ) et le programme de base de la machine à coudre ( = je veux bien me chauffer mais faut pas pousser).

Exit les tutos youtube ou tu couds des trucs dans un sens, puis tu retournes, puis tu recouds, puis tu découds, puis tu as envie de te buter parce que tu as fait le truc à l’envers et que c’est pas droit… #true story.
On fait simple, efficace et pas trop technique, parce que sinon ça part vite en live et ça saoule!

  • Étape 1 : découper dans la serviette éponge et le coton des morceaux de même taille (j’ai fait environ 10 cm par 15cm) et les poser les uns sur les autres par paires. Maintenir avec une ou deux épingles. Pas la peine de trop s’appliquer, on redécoupera proprement après avoir cousu.
  • Étape 2 : assembler les morceaux en faisant des coutures droites à environ 6mm du bord sur tout le tour ( au début de votre couture faites quelques points en avant puis en arrière avant de continuer la couture et faites là même chose à la fin pour éviter que la couture ne se défile comme dans le coin en bas a gauche sur la photo ci-dessous ).
  • Étape 3 : découpez avec le ciseau cranté en longeant la couture à environ 3mm du bord. Voila.

Bon, j’avoue je me suis un peu emballée et avec les chutes j’ai fait un petit panier assorti, un sac pour y mettre les lingettes usagée, des cotons à démaquiller et quelques pochettes de rangement, mais rien qui nécessite plus de 6 coutures!

Enfin, ma petite astuce pour éviter les odeurs c’est de verser un peu de bicarbonate de soude en poudre et quelques goutes d’huile essentielles de tea tree dans le sac où je mets mes lingettes utilisées (mais vous pouvez utiliser un bocal hermétique).
Quand il est plein, le tout va tel quel dans la machine a 60° et c’est reparti pour un tour.

Les astuces Zéro déchet
Si vous n’avez pas de machine à coudre et de ciseaux crantés, comme moi, demandez à vos amies et familles, quelqu’un en aura probablement une à vous prêter.
Si vous n’avez pas l’habitude de la couture, il existe des ateliers de coutures et des labs ou vous pourrez trouver de l’aide.
Pour les matières, vous pouvez utiliser ce que vous avez déjà chez vous ou vous orienter vers des recycleries en lavant vos achats avant de les utiliser.
Enfin, avec les chutes faites des petits sacs de rangement, des paniers, des pochettes ou même des bees wrap, soyez créatifs

Des questions? Des remarques? C’est juste en dessous.

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